Peur, joie, tristesse, colère… Les émotions ont-elles droit de cité dans les entreprises? Trop peu, regrette Philippe Laurent, conférencier, coach et formateur.

Joie, peur, tristesse, colère, surprise, dégoût… Les émotions ont-elles droit de cité dans nos entreprises? A l’évidence trop peu. L’entreprise est souvent le lieu où l’homme au travail se doit d’être sérieux, en totale maîtrise de ce qu’il ressent. Ressentir de l’émotion et le montrer est un signe de faiblesse que l’on préfère cacher, voire refouler, plutôt que de ternir l’image de l’homme fort ou de la femme forte qui résiste à tout, avale toutes les couleuvres, est capable de résister à tous les stress. Je me souviens d’un ancien chef dont le leitmotiv était « Don’t get emotional! » [« Ne vous laissez pas émouvoir! »]. Nous avions eu une explication très franche qui l’avait surpris: j’avais réussi à lui faire ressentir l’émotion de la surprise!

Nous avons souvent une vision morale, voire moraliste, sur l’émotion. N’y a-t-il pas les bonnes (joie, surprise,…) et les mauvaises (tristesse, colère, dégoût, peur)? Regarder les émotions de cette manière est dangereux car c’est empêcher l’émergence d’un phénomène naturel. Le travail des psychologues nous aide aujourd’hui à comprendre que les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises: elles sont. Elles sont un signal qui vient prévenir notre personne qu’il se passe quelque chose d’important, d’impactant. Rejeter l’émotion, c’est continuer à avancer sur une route sans tenir compte de la signalisation, c’est courir tous les dangers, jusqu’à risquer l’accident.

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